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vendredi 25 septembre 2009

Alp'ternatives Culturelles 4


En avant première pour les quelques-un qui lisent ce blog...ma petite page culture de l'Alp'ternatives 4 (parution vers le 10 octobre).


Alp'ternatives Culturelles 4


Bande dessinée
Gauche préhistorique : Mieux vaut en rire.

Silex and the City par Jul.

Jul est d'abord connu comme dessinateur de presse (les lecteurs de l'Humanité le connaissent bien.). Repéré avec un album hilarant en 2005 (Il faut tuer José Bové !), Jul récidive en 2009 avec le premier tome de « Silex and the City ». Avec un trait simple et efficace, il nous raconte l'histoire d'une famille moyenne au paléolithique. La parodie de notre monde à la sauce cro-magnon est l'objet de multiples jeux de mots à double (ou triple !) sens. Les parents sont enseignants en ZEP (Zone d'évolution prioritaire). La fille tombe amoureuse du fils du patron d'EDF (Énergie du Feu), récemment privatisé. Le fils est un militant écologiste, alter-darwiniste. Tout ce complique quand le père de famille décide de se lancer en politique et souhaite mener une campagne unitaire...Réussira t'il a rassembler tous les hominidés ?
Un album écrit par un fin connaisseur de la politique, qui préfère rire avec les hommes de – 40 000 avant JC que de pleurer avec ceux de 2009. Vivement le tome 2.

Silex and the City par Jul, éditions Dargaud, août 2009, 13€50.

C.D.
Enfin un ministère utile !!!

Les bronzés font du Ch'ti par le M.A.P.

Pour les (déjà) nostalgiques de la deuxième fête de l'Alp'ternatives (Veynes, 2007) et de la joyeuse campagne législative (et oui ces 3 mots peuvent aller ensemble !). J'ai l'honneur de vous présenter le dernier album du MAP.
Le Ministère des Affaires Populaires, qui nous avez fait danser en 2007, revient avec un album explosif. Plus que jamais inclassable artistiquement, les gars du Nord fondent leur unité sur des valeurs militantes en actions. Les raisons de se battre de manquant pas, le MAP ne manque pas de sujets pour ses morceaux : combattant inlassablement pour les droits du peuple palestinien, contre la chasse au sans-papiers, contre tout les colonialismes, pour un monde juste, pour une résistance populaire...
Le MAP creuse son sillon, radical et festif. Il accueille de nombreux invités, notons au passage un superbe morceaux avec la rappeuse marseillaise Kény Arkana : Appelle moi Camarade.
Un album à acheter de toute urgence avant le prochain concert alpin …

Les bronzés font du Ch'ti par le M.A.P., Pias recording, 2009, www.map-site.fr


Presse(s)
Attention, ces journaux ont des journalistes
!
CQFD

Pour ceux qui croient la presse aux ordres, la joyeuse bande de marseillais du mensuel CQFD apporte un démenti sans appel. Canard désobéissant, CQFD gratte chaque mois là où plus personne ne gratte, là où ça fait mal. Illustré par des dessinateurs méchamment drôle, il nous parle de prisons, de souffrance au travail, de pollutions, de capitalisme, d'une France qui grince de tout côtés. CQFD parle aussi d'alternatives, rêve d'autonomie, d'émancipation...

CQFD, mensuel, le 15 du mois, 2€, www.cequilfautdetruire.org

Revue internationale des livres et des idées (RILI)

La RILI est une revue de critiques d'ouvrages scientifiques ( sciences humaines, philosophie, économie...) lancer par la maison d'édition Amsterdam. Sur le modèle des revues anglophones, la RILI présente des articles longs et argumentés (assez rare pour être précisé...), laisse une large part à la polémique intellectuelle et aux ouvrages issues des universités états-uniènes (où c'est développé des courants radicalement militants sur le genre, l'écologie, la critique du capitalisme...). Cette revue donne envie de lire et de réfléchir. Elle dévoile, à ceux qui en doutés, que les intellectuels ne sont pas tous aux services du prince...et de ses marchands de canons.

Revue internationale des livres et des idées (RILI), au sommaire du numéro de septembre-octobre : Avec Marx contre le travail, l'écologie existe-t-elle ?, Bourdieu revient ils sont devenus fous !... www.revuedeslivres.net


Offensive



Revue portée par le mouvement Offensive Libertaire et Sociale, Offensive assume sa place atypique dans la galaxie riche et complexe du mouvement anarchiste français. Le journal s'articule autour d'un dossier (la paix, le monde rural et ce trimestre « construire l'anarchie »). La manière d'écrire est originale. Elle ne cache pas l'aspect militant de la recherche, n'enferme pas dans une pensée à « apprendre » ou « réciter » mais amène le lecteur/militant à la réflexion ou à la remise en question de positionnements qui pourraient apparaître comme évident. Le dernier dossier fouille notamment les questions du mode d'organisation des structures militantes : comment ne pas être dans une incantation vis à vis de la démocratie mais aller concrètement vers un partage des pouvoirs ?
À acheter d'urgence pour ceux qui aime lutter et penser en même temps !

Offensive, trimestriel, www.offensive.samizdat.net

dimanche 10 mai 2009

Articles en avant première



voici en avant première le papier "critique" que j'écris pour Alp'ternatives n°3.

Alp'ternatives Culturelles 3

CD
Les frontières n'ont pas de sens !
La Rue Ketanou, A contre sens.

Le dernier album de la Rue Ketanou vient de sortir et ce « à contre sens » est un une fleur de printemps. Le trio de scène achève ainsi une pause salvatrice après le succès de leur deuxième album, le temps pour chacun de travailler des univers personnels et d'avoir envie de continuer cette belle aventure collective. Cet album est un hymne multicolore à la vie et aux multiples émancipations à conquérir. Alternent d'une piste à l'autre des thèmes engagés (Maître corbeau sur le partage, Derrière ses cheveux longs sur le viol, Les derniers aventuriers sur les sans-papiers) des chansons d'amours (le très beau prenons la vie) et des morceaux plus clownesques. Si les arrangements sont plus travaillés, la Rue Ketanou reste ce groupe inclassable capable d'alterner une valse, une bossa, des thèmes plus gitans et des rocks...La poésie des mots, les mélodies à fredonner ont pourrait tomber ici dans un succès « facile » mais la force du groupe est d'amener ce parti pris cohérent, optimiste et radical : les frontières n'ont pas de sens.

« prenons la vie comme elle vient
Si jamais tu veux de moi
Je t'arrache à ce destin
Que ton père trace pour toi

Et m'en fous des traditions
De leurs tabous, de leurs menaces
Vive la révolution
Que l'amour les remplace »


Livre
Sur l'établi remettre l'ouvrage ?
Alain Badiou, « l'hypothèse communiste. »

Après son revigorant « De quoi Sarkozy est-il le nom ? », le platonicien Alain Badiou nous offre avec cette ouvrage de philosophie un plaidoyer pour reformuler et faire vivre « l'Idée de communisme ». En effet, comme en réponse à Jean-Louis Sagot-Duvauroux qui propose de réinventer une politique à partir du terme d'« émancipation » (voir alp'ternatives 2), Badiou choisi de garder le mot de communisme (bien qu'entre les lignes on comprend que lui non plus n'a pas la religion des mots.) pour pouvoir affronter les différents bilans et pour s'engager dans un combat d'idées bien loin de toute logique partisane.
Le livre est articulé autour de l'analyse de différents « échecs » : mai 68, la révolution culturelle et la Commune. La finesse du propos réside dans l'absence de jugement moral à priori et par la volonté vive de nourrir le présent du passé. La longue expérience militante de Badiou au côté du mouvement Maoïste est ici utilisée comme un matériau pour comprendre ce qui a échoué et s'appuyer sur la force symbolique de moments vécus de transformation du réel.
Pour l'auteur, faire vivre une « hypothèse communiste » c'est d'abord, en dehors du jeu de la « démocratie capitaliste », créer des « évènements » qui permettent, à petites ou à grandes échelles, de démontrer par l'exemple la possibilité d'inventer un réel impossible hier, de faire vivre et ré-inventer cette Idée qui combat toutes les dominations.
De quoi élargir le champ du débat politique trop souvent centré sur les lieux de « démocratie » qu'on nous accorde et de plus démoralisant pour les militants d'une unité populaire toujours à inventer...

«(...) Le geste le plus ordinaire, dans cette vision des choses, est d’amener quelqu’un à une vraie réunion politique, loin de chez lui, loin de ses paramètres existentiels codés, dans un foyer d’ouvriers maliens, par exemple, ou à la porte d’une usine. Venu au lieu où une politique procède, il décidera de son incorporation ou de son repli. Mais pour venir au lieu, il faut que l’Idée – et depuis deux siècles, ou peut-être depuis Platon, c’est l’Idée du communisme – le prédéplace dans l’ordre des représentations, de l’Histoire et de l’État. Il faut que le symbole vienne imaginairement à l’appui de la fuite créatrice du réel.(...) »
Alain Badiou, L'hypothèse communiste, nouvelles éditions lignes, avril 2009, 15€.

samedi 18 octobre 2008

Un nouveau journal à gauche : Siné Hebdo.



Presse

Un nouveau journal à gauche : Siné Hebdo.


Le vieux Siné n'imaginait sans doute pas devenir patron à son âge. Et pourtant, malgré les pressions multiples, cambriolages et autres menaces de mort, après son licenciement de la rédaction de Charlie en plein été, Siné Hebdo est né. Radicalement corrosif et irrévérencieux, sinique et (pour certain) vulgaire, la vraie surprise de ce nouveau journal est la clarté de son positionnement politique (une vraie gauche !) et la composition de sa rédaction ( Onfray, Filoche, Bonneau, Bedos...). Petit extrait du premier édito par Siné :
« le trouillomètre des français est descendu bien en dessous de zéro ! Pendant que la droite buldozère, la gauche, pas le PS, la vraie (situationistes, trotskistes, anarchistes, altermondialistes et tous les marginaux de mon coeur) se déchire et s'injurie, offrant ainsi un boulevard aux salopards de prédateurs. » à méditer...
en kiosque le mercredi

mercredi 15 octobre 2008

Rémo Gary a les dents du bonheur !


Rémo Gary a les dents du bonheur.
(article à paraitre dans alp'ternatives n°1)

C'est toujours un plaisir de passer une soirée à la « Pension du Content ». Philippe vous y accueille avec un sourire franc et large, sa cuisine est un délice, et comble du miracle les tarifs sont bas.
Philipe est un aussi un militant culturel et sa pension est entrain de devenir le lieu artistique dont le centre­ ville de Gap manquait.
En ce samedi de septembre, le public est nombreux à venir écouter le chanteur, le poète Rémo Gary.
La pension est pleine comme un oeuf, le public est pluriel. Rémo entre accompagné d'une pianiste
de grand talent Clélia Bressat­-Blum. Le chanteur est atypique, décalé, à contre courant. Assurément humaniste et amoureux des mots, il se dévoile peu à peu, par bribes. Drôle et émouvant, il surprend le public en enchainant plusieurs textes de Jean Richepin (auteur trop peu connu) dont l'intégralité de la très belle chanson de Brassens, les oiseaux de passages. Une version splendide de l'Affiche Rouge d'Aragon et Ferré dévoile des filiations assumées. Nous avions bien-­sur pensé à Ferré, mais aussi à Brel. Rémo Gary est un artisan des mots engagé dans son époque, un humain au diapason des souffrances et des luttes, un utopiste debout, un faiseur de slogan (« Ni Dieu ni flotte »). Il aime la vie, il a d'ailleurs les dents du bonheur. Il nous a donner envie de croire en l'Homme. Et ce petit refrain, à chantonner les jours de pluie :
On a espéré le grand soir
Bonsoir
A nous
D'inventer le petit matin
Mutin
Pas chagrin du tout



www.remogary.com

mardi 1 avril 2008

Marx au "monde"

En partenariat avec Flammarion, « le Monde » vend en kiosque « un panorama complet de la philosophie à travers les siècles ». Chaque mois un auteur et en février c'était Marx (Manuscrits de 1844, Manifeste du parti communiste, Le Capital (livre I, sections 1 et 2) ).

Une bien belle idée...mais des extraits de la préface s'impose pour rassurer nos « amis chiens de garde » d'un virage trop radical au monde:

« On peut douter, malgré tout, de la scientificité du marxisme. »

« Le Rôle que Marx fait jouer au prolétariat et à sa victoire, par exemple, n'a rien de scientifique. »


« ...la « baisse tendancielle du taux de profit » ne s'est pas vue confirmée, pas plus que « la paupérisation croissante » du prolétariat qu'il avait annoncée. »


« En fin de compte, le capitalisme a tellement changé que la plupart des économistes n'ont plus recours aux analyses de Marx. »


Nous voilà rassuré !

Cet préface, d'une petite dizaine de pages en gros caractères (!), est signée Roger-Pol Droit. Sans aucun argument fiable, il démonte toutes les thèses marxiennes et envoie Marx, comme récemment Christine Lagarde le fit avec la « lutte de classe », dans le rayon Histoire !


Il y a urgence à lire Marx et ses divers « enfants » et dans un même mouvement combattre la pensée unique extrême-libérale. Au travail !


mardi 29 janvier 2008

Un texte à méditer...


Le thème du dossier « Gauche : quel avenir ? » et la pluralité des auteurs de la dernière livraison de la revue « Nouvelle Fondations » de la Fondation Gabriel Peri avait attiré mon attention et m'avait convaincu de dépenser 25€ (http://www.gabrielperi.fr/).

En cette période trouble, le titre de l'éditorial sonne comme un signe de ralliement de tous ceux qui sur le métier souhaite remettre l'ouvrage : « trou d'ère ».

Pour l'instant je n'ai fait que survoler les 300 pages...

Un titre m'a plongé dans un article stimulant du philosophe Jean-Paul Jouary: « Cesser d'être communiste pour le devenir ». Partant de cette affirmation identitaire qui a traversé le XXème siècle : « je suis communiste » qui sous-tend inévitablement « tu es un non-communiste », l'auteur conteste ce communisme/identitaire et appelle à un communisme/mouvement qui ne saurait être écrit dans un programme ou une charte gravée dans un marbre excluant, rassemblé au sein d'une avant-garde figée. Seuls les actes réels d'émancipation sont du communisme en actes. Et ces actes peuvent être mené par des citoyens n'appartenant pas à une organisation « communiste ». Le texte court et incisif multiplie les allusions (à peine voilées) à une période récente où nous devions choisir un candidat « communiste » et pas un « non-communiste » pour mener une campagne de rassemblement sans perdre notre identité...

Il cite Marx qui dés 1843 précise : « Nous ne nous présentons pas en doctrinaires avec un principe nouveau : voilà la vérité à genou devant elle ! Nous apportons au monde les principes que le monde à lui-même développé en son sein. » . Marx définira le communisme non comme « un état qui doit être créé » ou « un idéal sur lequel la réalité devrait ce régler » mais « le mouvement réel qui abolit l'état actuel ».

Jean-Paul Jouary en arrive à l'affirmation radicale : « Le communisme étant un processus réel de libération humaine, nul ne peut dire je suis communiste. ». Alors que Lucien Sève nous appeler à dissoudre le parti pour créé un mouvement « initiative communiste », l'auteur lui pense à un « parti du communisme ». Mais l'idée est la même : rompre avec les verticalités, permettre les rassemblements émancipateurs, dissoudre pour garder le meilleur...en un mot refonder.


mardi 31 juillet 2007

Robin Renucci, l'ardent insoumis


Comédien connu du grand public pour ses rôles tout en finesse au cinéma ou à la télévision, Robin Renucci est également une figure du théâtre français. Son action militante en faveur de l'éducation populaire en Corse le place inévitablement du côté des « honnêtes ».

L'intérêt de ce petit ouvrage d'Eric Fourneau, à mi-chemin entre la biographie et le livre d'entretiens, réside dans la mise en perspective d'une carrière exemplaire de fidélité et de courage qui pour certains apparait enfermée dans la « vieille école » et pour d'autres (et j'en suis) est un signe vivant qu'un « autre théâtre est possible ».

Il découvre le théâtre et la formation du comédien durant des « stages de réalisation » initiés par le secteur de l'éducation populaire. Il est toujours fidèle à cette idée simple de rencontres poétiques et politiques d'hommes et de femmes issues de milieux sociaux divers.

Formé par les plus grands, Robin Renucci a connu au début des années 80 d'immenses succès théâtraux (« le soulier de satin » de Claudel monté par Vitez dans la cour d'honneur d'Avignon) et cinématographiques (« Escallier C » de Jean-Charles Tacchela). Il refuse de nombreux scénarios et sa carrière prometteuse ralentie. Il fonde une famille, ses priorités changent et son amour du « bel ouvrage » l'éloigne du show-business. Il s'engage en Corse au sein de l'ARIA où il devient l'animateur militant de rencontres théâtrales. Il réalise en 2007 son premier film (« SempreVivu! »).

L'ouvrage détaille sa passion dévorante pour le travail d'acteur qui sera sa seule occupation durant plus de 10 ans. Robin Renucci est partisan d'un travail du comédien basé sur l'objectivité et la rigueur. (Ce n'est pas le sentiment qui fait le jeu mais l'inverse). Il est un fervent défenseur des auteurs et des poètes. Proche du travail de Vitez, il est aussi un citoyen de gauche assumé. Il milite pour une éducation artistique tout au long de la vie et souhaite faire de l'ARIA (déjà implantée en Île de France) une fédération nationale.

Inadapté au années 80 et au culte de l'argent Roi, il est aujourd'hui un des symboles rassembleur d'une gauche culturelle en quête de repère.

(Robin Renucci, l'ardent insoumis, par Eric Fourneau aux éditions de l'attribut, juillet 2006)

lundi 9 juillet 2007

la domination du monde

J'ai tardé à finir ce "Roman" de Denis Robert.
J'ai eu tort.
La dénonciation du capitalisme financier est sans faille...
Mais l'intérêt principal du livre réside dans la réflexion sur le choix des armes.
Le jeu de rôle entre le pseudo biographe de lui même et son propre personnage permet à denis Robert de nous entrainer dans un polar rythmé et plein d'humour.
Le biographe choisi la "fable" pour raconter les histoires de notre "héros-journaliste d'investigation" et il doit s'en expliquer en détail.
Le roman, qui flirte sans cesse avec les faits réels, doit permettre au lecteur septique de comprendre la domination du monde et d'aimer notre "héros" dans toutes ses contradictions et ses faiblesses. La lutte est joyeuse. Les résistants sont humains.
à lire de toute urgence.